En bref

  • Unaju est une marque française née à Bordeaux en 2015, spécialisée dans les jus bio finement pétillants.
  • Créée par deux ingénieurs agronomes, la gamme mise sur des mariages fruit-plante (fraise-basilic, yuzu-concombre) et une recette sans additifs, sans conservateurs.
  • Les matières premières proviennent de coopératives locales et la fabrication française privilégie la proximité (bouteilles produites à La Réole).
  • Depuis 2022, Unaju s’est rapprochée de Vitamont pour soutenir son développement commercial sans renier son positionnement artisanal.
  • Idéal pour un apéritif sans alcool, le produit dialogue avec les circuits courts, la durabilité et la recherche d’un goût vrai, loin du greenwashing.

Unaju : origine et création d’une marque française de jus bio

La genèse d’Unaju se lit dans la précision des gestes autant que dans la modestie d’une idée : offrir une alternative savoureuse aux boissons alcoolisées et aux sodas industriels. Fondée à Bordeaux en 2015 par deux ingénieurs agronomes, Marion et François Delmas Saint Hilaire, la marque est née dans un atelier sobrement baptisé Manufacture Bordeaux. Ce lieu est à la fois laboratoire sensoriel et petite usine où la technique rencontre le goût.

Le constat initial était simple et vécu : des invités préférant s’abstenir d’alcool à l’apéritif se retrouvaient souvent contraints à des choix peu satisfaisants, entre jus trop sucrés et sodas artificiels. La réponse fut de créer des boissons pétillantes, mais pensées comme des accords culinaires, mariant un fruit précis à une plante aromatique. Les combinaisons — yuzu-concombre, fraise-basilic, framboise-marjolaine, citron vert-gingembre — témoignent d’une écriture gustative où chaque ingrédient joue son rôle de texture et d’arôme plutôt que de simple signature marketing.

Dans la continuité d’une tradition de terroir, les fondateurs ont choisi la voie de l’agriculture biologique sans équivoque. Les matières premières proviennent de coopératives agricoles, du Sud-Ouest jusqu’à la région lyonnaise, et chaque source est documentée publiquement pour garantir traçabilité et responsabilité. Ce choix n’est pas seulement éthique : il renouvelle la relation entre la bouteille et la parcelle, et offre au nez des jus des volumes aromatiques qui tiennent au sol, aux variétés et à la récolte. La mise en avant d’une origine précise rejoint la ligne éditoriale qui défend le goût et la vérité du produit.

Sur le plan industriel, Manufacture Bordeaux a construit un process qui se tient entre artisanat et contrôle. Les fruits sont pressés, les plantes infusées, un sucre extrait de raisin bio est ajouté pour soutenir la fermentation douce, puis l’ensemble est légèrement gazéifié afin d’obtenir une pétillance fine et élégante. L’absence totale d’arômes, de colorants ou de conservateurs est un impératif technique qui implique une hygiène stricte, des choix de receveurs et des délais courts entre pressée et mise en bouteille.

Le récit d’Unaju, c’est aussi celui d’une petite équipe qui, en cherchant à redéfinir l’apéritif, a loyalement documenté ses choix. La mise en ligne de l’origine des matières premières et du lieu de production de chaque ingrédient est une rareté dans l’univers des boissons prêtes à boire. Au-delà du story-telling, c’est une pratique qui renforce la confiance du consommateur et valorise les coopératives partenaires, souvent petites et passionnées.

Enfin, l’ancrage bordelais donne au projet une assise géographique : proximité de cultures fruitières, réseau de transformateurs, fournisseurs d’emballage locaux. Dans cette histoire, la marque est née d’un besoin concret et a su formaliser un geste, sans édulcorer ses intentions. Un fil conducteur persiste : le goût prime, et chaque décision de production ou de sourcing trouve sa justification dans l’équilibre aromatique recherché. Cette approche laisse présager une évolution maîtrisée vers plus de distribution sans trahir l’origine du produit.

Insight : l’origine d’Unaju se lit autant dans la carte des coopératives que dans le maniement des herbes et des fruits, où chaque geste vise à préserver une expression vraie du terroir.

Apéritif sans alcool avec verres de jus pétillant Unaju et amuse-bouches
Jus de fruits frais bio Unaju avec fruits de saison dans un cadre naturel ensoleillé

Processus de fabrication des jus pétillants Unaju : fabrication française et recettes

La fabrication des jus chez Unaju est un exercice d’équilibre entre technicité et sensorialité. L’atelier de Manufacture Bordeaux conjugue presses adaptées aux faibles volumes et cuves d’infusion calibrées pour extraire l’arôme des plantes sans dénaturer le fruit. Le protocole débute par la sélection des coopératives : chaque approvisionnement est identifié, daté, et souvent issu de parcelles où la récolte est mûrement contrôlée. Les fruits arrivent entiers, parfois encore tièdes de soleil ; les herbes aromatiques sont cueillies tôt le matin pour préserver les huiles essentielles.

La méthode repose sur trois étapes clés. D’abord, le pressurage doux des fruits, qui vise à recueillir un jus clair et aromatique sans extraire d’amertume. Ensuite, l’infusion des plantes (basilic, romarin, marjolaine, thym) dans une partie du jus réchauffé, afin de libérer des notes fleuries et résineuses. Enfin, une faible addition d’un sucre de raisin certifié bio sert de support fermentescible ; la boisson n’est pas transformée en alcool mais reçoit une carbonation fine, maîtrisée, qui donne la signature pétillante d’Unaju.

Tout est fait pour conserver l’intégrité du produit : sans additifs, sans conservateurs, sans arômes ajoutés. Cette rigueur implique un calendrier de production serré : les lots sont assemblés et conditionnés rapidement pour éviter l’oxydation et la perte d’arômes. Les bouteilles en verre — fabriquées à La Réole, non loin de Bordeaux — participent à la volonté de conserver une production intégralement française quand c’est possible. Ce choix d’emballage renforce également l’image de produit premium et durable, car le verre se recycle et se réutilise plus aisément que le plastique.

La gamme actuelle comprend une douzaine de parfums qui jouent chacun une partition précise. Fraise-basilic offre une rondeur fruitée équilibrée par la fraîcheur du basilic ; mandarine-romarin prend un tour méditerranéen ; abricot-thym joue la douceur solaire, tandis que citron vert-gingembre réveille la langue par une pointe piquante. Ces compositions ne sont pas que des étiquettes : elles sont le fruit d’essais sensoriels répétés, où la quantité d’herbe, la maturité du fruit et le niveau de sucrosité sont peaufinés.

En cuisine, la composition simple et nette des jus facilite leur emploi. Ils entrent dans des cocktails sans alcool, des granités, des vinaigrettes légères ou servent de base pour des sirops maison. Leur texture fine et leur pétillance délicate permettent des accords subtils avec des amuses-bouches : une fraise-basilic avec un tartare de tomates anciennes, un citron vert-gingembre avec une petite brochette de crevette tiède.

Un enjeu technique permanent pour Unaju est de garder l’identité artisanale avec une qualité suffisante pour la distribution nationale. C’est pourquoi le contrôle qualité passe par une dégustation organoleptique systématique, des analyses sur la stabilité microbiologique et des audits des coopératives. La capacité à documenter chaque lot et à tracer chaque bouteille est devenue un argument de confiance face à des consommateurs exigeants sur le plan sanitaire comme sur le plan gustatif.

Insight : la recette d’Unaju est une écriture très contrôlée — peu d’ingrédients, beaucoup d’attention — où la fabrication française et le respect de la matière première font la différence.

Unaju, distribution et positionnement sur le marché des boissons naturelles

Le parcours commercial d’Unaju illustre la tension entre artisanat et échelle. Dès les premières années, la marque a trouvé son public dans des épiceries fines, des cavistes alternatifs et des restaurants attentifs aux offres sans alcool. En 2022, un tournant a eu lieu : Vitamont, la filiale du groupe Léa Nature spécialisée dans les jus bio, est devenue actionnaire majoritaire de Manufacture Bordeaux. Cette étape n’a pas effacé l’ADN artisanal mais a apporté une logistique et une force de frappe indispensables pour élargir la distribution.

Le partenariat avec Vitamont a permis d’anticiper des défis concrets : stockage en froid adapté, maillage des réseaux bio en magasin, et capacité à répondre à des commandes plus importantes. Il a aussi ouvert la possibilité d’expérimenter de nouvelles recettes tout en bénéficiant d’une expertise en jus de fruits. En 2022, Unaju avait vendu environ 400 000 bouteilles, chiffre qui a servi de repère pour recalibrer les volumes de production et penser la montée en gamme sans diluer le goût.

Marché 2026 : la demande pour des alternatives sans alcool s’est consolidée. Les consommateurs cherchent aujourd’hui des produits sains, transparents et porteurs d’une histoire. Unaju se situe dans la niche haut de gamme des boissons naturelles, face à deux dynamiques concurrentes : les limonades artisanales et les boissons fermentées (kombucha, kéfir). Le différenciateur principal reste la recherche d’accords fruit-plante et la promesse d’une pétillance fine plutôt qu’une effervescence de soda.

Sur le plan commercial, la marque navigue entre plusieurs canaux : magasins bio indépendants, marchés choisis, e-commerce via la boutique de Manufacture Bordeaux et, ponctuellement, la restauration. Pour renforcer son maillage, des collaborations avec des grossistes bio et des plateformes locales ont été testées — ce type d’alliances est souvent le moyen de mettre en vitrine une boisson qui a besoin d’être goûtée pour convaincre. La pédagogie sur le produit, les fiches d’accords et les animations en magasin restent des leviers précieux.

La dimension prix est un autre équilibre : une boisson artisanale, bio et mise en bouteille en verre porte un coût. Pour préserver l’attractivité, Unaju travaille à optimiser ses flux (achats groupés auprès des coopératives, calendriers de récolte, rationalisation des lots de mise) sans sacrifier la traçabilité et la qualité. Le partenariat avec Vitamont a apporté ici des marges de manœuvre, notamment pour la logistique et la commercialisation nationale.

Enfin, la communication repose sur la transparence des origines et le récit des coopératives partenaires. Éviter le greenwashing est non négociable : les messages soulignent des faits — provenance, méthode, absence d’additifs — plus que des slogans. Dans un paysage où le bio peut être instrumentalisé, ce positionnement sincère est une force. Le fil conducteur reste l’envie d’ouvrir une porte gustative : inviter le consommateur à une dégustation, à une découverte, plutôt qu’à une adhésion morale.

Insight : la trajectoire commerciale d’Unaju montre qu’il est possible d’élargir son audience sans renoncer à des principes de production, pourvu que la distribution soit pensée comme une extension du récit gustatif.

Durabilité et agriculture biologique chez Unaju : circuits courts et engagements

La durabilité chez Unaju s’articule autour de plusieurs dimensions : sourcing, emballage, proximité industrielle et relations avec les coopératives. Les fondateurs ont délibérément placé l’agriculture biologique au cœur du projet. Mais la bio n’est pas une fin en soi : elle se conjugue ici avec la volonté de préserver des filières locales et d’assurer un revenu juste aux partenaires agricoles.

Les fruits qui entrent dans les recettes sont issus de coopératives, ce qui signifie que la marque dialogue avec des collectifs de producteurs plutôt qu’avec des acheteurs spot. Ce mode d’approvisionnement permet de stabiliser les pratiques culturales, d’encourager la diversité variétale et d’anticiper les fluctuations de récolte. Par exemple, des partenariats du Sud-Ouest au sud lyonnais offrent des calendriers complémentaires, limitant les transports longs et favorisant des récoltes au bon stade de maturité.

Le choix du verre produit à La Réole et la mise en place d’une chaîne courte de conditionnement sont des décisions concrètes en faveur de la durabilité. Elles réduisent l’empreinte liée aux emballages importés et soutiennent des emplois industriels locaux. Mais durabilité ne signifie pas uniquement proximité géographique : elle inclut aussi la gestion des déchets, l’optimisation énergétique des ateliers et des engagements sociaux envers les équipes.

Pour éclairer ces choix, le tableau ci-dessous synthétise les principaux points d’engagement d’Unaju face à des alternatives courantes :

Critère Unaju Boisson industrielle classique
Ingrédients Fruits bio de coopératives, plantes aromatiques Purées ou arômes, sucres industriels
Additifs & conservateurs Sans additifs, sans conservateurs Conservateurs et stabilisants fréquents
Emballage Verre local (La Réole) Plastique ou verre importé
Transport matières Circuits courts privilégiés Forte importation et flux longs
Transparence Origine documentée par lot Origine souvent globale

Malgré cela, des défis persistent. La récolte biologique peut être plus variable, exposée aux aléas climatiques, et nécessite parfois des achats complémentaires hors saison. La réponse d’Unaju a été de renforcer le lien contractuel avec les coopératives et d’anticiper les volumes en travaillant sur des calendriers de culture. Un autre volet consiste à soutenir des pratiques agroécologiques : favoriser des variétés adaptées, encourager la gestion de la biodiversité autour des vergers et documenter les impacts environnementaux.

La dimension sociale n’est pas oubliée : la marque essaie de valoriser les coopératives sur les fiches produits et, lorsque possible, de proposer des prix d’achat qui reconnaissent la qualité du travail biologique. Ce rapport avec le producteur est la condition d’une durabilité vertueuse, qui ne sacrifie pas la rémunération au profit d’une image verte.

Enfin, la durabilité se lit aussi dans l’usage : proposer une boisson qui incite à consommer moins d’alcools ou de sodas sucrés a une portée sanitaire et environnementale. Dans une époque où le consumérisme rapide l’emporte souvent, proposer une alternative goûteuse et réfléchie est déjà une forme d’engagement.

Insight : la durabilité chez Unaju est une somme de choix concrets — sourcing coopératif, verre local, transparence — qui transforment une boisson en vecteur d’économie circulaire à petite échelle.

Dégustation et usages culinaires des jus Unaju : accords et idées d’apéritif

La dégustation d’Unaju se présente comme une promenade aromatique. Chaque parfum raconte une rencontre : la fraise s’ouvre sur la sucrosité de la chair mûre, le basilic la cisèle ; le yuzu apporte une tension acidulée que le concombre apaise ; la mandarine et le romarin créent des résonances méditerranéennes. Pour illustrer ces textures, un fil conducteur réapparaît : Émile, aubergiste dans le Perche, propose ces jus sur son bar sans alcool et compose des assiettes qui dialoguent avec eux. Son expérience sert d’exemple concret pour comprendre les usages.

Conseils de service : les bouteilles se servent fraîches (8–10 °C), en verres fins pour laisser les bulles s’exprimer. Les petites portions (12–15 cl) fonctionnent mieux en apéritif, car la pétillance fine suffit à nettoyer la bouche entre deux mises en bouche. Pour une expérience plus gastronomique, on peut décliner les jus en sirops légers pour glacés ou en réductions pour napper un carpaccio de poisson.

Voici une liste d’accords et d’idées pratiques, testés par des restaurateurs et des amateurs exigeants :

  • Fraise-basilic : avec une tartelette de chèvre frais et poivron confit, ou un tartare de tomate cœur de bœuf.
  • Citron vert-gingembre : en accompagnement d’une crevette tiède ou d’un ceviche léger.
  • Mandarine-romarin : sur des tapas de légumes rôtis et olives, ou avec un fromage à pâte pressée cuite.
  • Abricot-thym : parfait avec une terrine de volaille aux fruits secs ou un mini-brioche toastée au foie gras.
  • Yuzu-concombre : en accord avec sashimi, petites bouchées iodées ou salades d’algues.

Au-delà des accords, les usages en cuisine sont nombreux. Émile utilise la framboise-marjolaine comme base pour un granité servi entre deux plats ; un chef parisien réduit le citron vert-gingembre pour napper des petits calamars. On peut aussi imaginer des cocktails sans alcool sophistiqués : jus pétillant, trait de vinaigre de cidre, herbes fraîches et zeste d’agrumes. Ces recettes mettent en valeur la composition simple des boissons et démontrent leur polyvalence.

Pour les ménages, quelques astuces permettent d’explorer : mélanger un tiers de jus Unaju avec deux tiers d’eau pétillante pour un apéritif plus léger ; ajouter une branche d’herbe fraîche pour renforcer l’accord aromatique ; congeler quelques glaçons de jus pour des usages lents en été.

Enfin, côté conservation gustative, l’absence de conservateurs implique une attention : une fois ouverte, la bouteille se garde 48 heures au réfrigérateur. Les chefs et cavistes qui proposent Unaju le savent : la boisson doit être goûtée fraîche pour révéler toute sa palette. L’usage le plus réussi reste cependant la dégustation pure, à l’instar d’un vin de fruit, où l’on mesure la finesse des bulles et la justesse de l’équilibre sucre-acidité.

Insight : servir Unaju, c’est proposer un dialogue entre un produit pensé comme recette et des assiettes qui lui répondent ; la richesse réside dans la simplicité du geste et la précision des accords.